Financement maritime

Entre 2014 et 2015, le nombre total de navires de la flotte mondiale a augmenté de 1,76% passant de 89.676 à 91.256 navires (selon le Clarksons' World Fleet Register). Cette croissance s'est faite sans augmentation des financements maritimes. Ceci s'explique notamment par le fait que les armateurs ont eu davantage recours aux financements non bancaires notamment par injection de capital. 

Toujours selon Clarksons, les commandes totales de navires de commerce ont atteint 2.867 navires à la fin de l'année 2015 soit 15% de la flotte actuelle. Suivant les prévisions, la flotte continuera d'augmenter à un rythme plus élevé que celui du marché du financement maritime et la part de financements bancaires devrait encore se réduire face à d'autres techniques de financement.

La conjoncture n'est actuellement pas favorable aux banques spécialisées dans le secteur maritime. Tous les secteurs sont sous pression alors que la valeur des navires et les revenus qu'ils génèrent sont en baisse principalement en raison de la sur-construction, des surplus existant et des carnets de commande déjà bien remplis. En outre, le secteur bancaire mondial, également mal en point, n'est guère propice à la reprise des financements maritimes. Depuis la crise financière de 2008, le marché a diminué substantiellement alors que les banques tentent de réduire leurs engagements notamment en raison de l'augmentation des règlementations (Bâle III) et des contrôles (Banque Centrale Européenne).


Engagement bancaires par région


La tendance générale est celle d'un déclin progressif de l'engagement des banques occidentales (les plus frappées par la crise financière) au fil des années et d'une augmentation de celui des banques asiatiques.

La nécessité de soutenir leur industrie locale a fortement contribué à l'expansion des banques asiatiques. Leurs politiques nationales sont en phase avec les intérêts des banques locales, offrant à de nombreux armateurs de nouvelles solutions de financements des constructions réalisées dans les chantiers nationaux. 

Alors que la construction de navires a largement disparu en Europe et aux Etats-Unis, (à l'exception de la construction de navires spécialisés à forte valeur ajoutée, notamment de croisière), les banques occidentales subissent moins de pression pour maintenir leurs financements sur le territoire national. L'effondrement de la structuration allemande par “KG” (ou German Limited Partnership) a accéléré le départ de nombreuses banques allemandes du secteur. Ces dernières continuent, cependant, de soutenir leurs principaux clients nationaux, mais limitent leurs engagements auprès des armateurs étrangers. Il ne s'agit pas d'une règle universelle puisque certaines banques, ayant un petit marché local, ont réussi à se constituer une substantielle et très performante clientèle internationale. 

L'examen plus détaillé des portefeuilles mondiaux de financement maritime de banques européennespermet notamment d'observer que les banques néerlandaises et scandinaves ont une faible croissance. La baisse marquée des engagements se produit principalement chez les prêteurs les plus traditionnels, tels que les banques allemandes, britanniques, irlandaises ou grecques.


Perspectives pour 2017 et au-delà


Certains signes annoncent un certain ralentissement des financements asiatiques. On note également une diminution des nouvelles commandes ainsi qu'une restructuration de l'industrie de la construction de navires en Chine. La conjoncture actuelle n'étant pas favorable, il est possible que la croissance du financement maritime en Asie ralentisse plus rapidement que prévu. Cependant, la situation pourrait également changer en Europe notamment après le retrait de certaines banques ayant décidé de quitter l'industrie. Une fois le processus de retrait terminé, il est probable que les banques restantes dans le secteur, voire de nouveaux outsiders, amorcent la reprise et, éventuellement, la hausse des volumes de financement maritime en Europe. 

Malgré tout, certains prêteurs ont clairement trouvé la formule du succès pour continuer leur croissance pendant cette période difficile. 

En se tournant vers le futur, il est évident que le processus d'ajustement des marchés et des banques va se poursuivre au cours des deux prochaines années. La rémunération du risque dans l'industrie du financement maritime est en évolution et deviendra enfin plus intéressante pour les banques lorsque les perspectives de reprise dans le secteur maritime, dans sa globalité, se concrétiseront. 

Enfin, il faut noter la part croissante prise par les institutions financières non bancaires dans le secteur (qui sont souvent les seules à proposer aux armateurs des financements alternatifs), ainsi que le développement des financements de niche notamment à Singapour ou dans d'autres pays d'Asie pacifique. Alors que les financements bancaires traditionnels diminuent, les mécanismes alternatifs non bancaires et autres mécanismes de soutien locaux se perfectionnent. On note également que les entreprises chinoises de leasing tirent leur épingle du jeu et sont devenues une source alternative de fonds. 

Au-delà de l'industrie maritime en elle-même, les banques, en consolidant leurs bilans et leurs ratios de capitaux propres, ainsi que le secteur bancaire en général devront se renforcer afin d'offrir de meilleures conditions financières permettant alors une reprise du marché mondial en général et du financement maritime en particulier.


Banque


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Conseil en financements


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Gestion d'actifs


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