Pêche et aquaculture

Onglets principaux

  • Les ressources marines, halieutiques et biologiques, sont une clé pour notre futur. De leur production à leur consommation ou utilisation finale, en passant par leur transformation et valorisation, elles répondent aux besoins de l’homme et des marchés connus et émergents : alimentation, nutraceutique, santé, cosmétique, chimie, matériaux, etc. 

Il faut penser ce secteur de l’économie maritime en filières. Les différentes ressources font intervenir de multiples métiers et compétences qui créent la valeur ajoutée sur l’ensemble de la chaîne. Pour être compétitives et se positionner sur les marchés, ces filières doivent être soutenues et accompagnées : cadre juridique stable, financements pour l’innovation et l’industrialisation, formation, sont les principaux enjeux de ces filières traditionnelles ou nouvelles. 

1. La pêche, une filière d’excellence et d’avenir 

La filière « pêche », du navire au consommateur, est un secteur clé tant au plan économique qu’au plan sociétal pour répondre à ces enjeux en offrant un produit alimentaire aux qualités nutritives essentielles pour une bonne alimentation et au meilleur rendement économique et énergétique (cf. schéma). 

Selon la FAO, la production mondiale des pêches maritimes en 2014 s’établissait à 81,5 Mt (81 Mt en 2013). L’essentiel de la production de pêche est destiné à l’alimentation humaine avec une consommation mondiale passée de 9,9 kg/ habitant en 1960 à 20,2 kg en 2015. En France, la consommation annuelle est d’environ 37 kg. 

La filière ne cesse d’innover aussi bien dans la capture – projets de navire de pêche du futur, sélectivité des engins de pêche, valorisation de la ressource à bord, etc. – que dans la transformation et la valorisation du poisson et des produits de la mer dans leur intégralité. La filière va désormais pouvoir compter sur la mise en oeuvre des programmes opérationnels du FEAMP (588 M€ sur 2014-2020, soit +70 %) pour lancer des projets innovants et structurants. 

L’expérience des professionnels et les travaux menés avec les scientifiques, sont également de véritables atouts pour mieux connaître le milieu, et comprendre des effets des pollutions et du changement climatique sur les écosystèmes et les espèces. 

Quelques repères nationaux 

  • 3e au rang des pêches maritimes en Europe (12 % des captures) 
  • 7.121 navires (8 % de la flotte UE) et majoritairement de moins de 12 m en métropole 
  • 63 ports de pêche 
  • 38 halles à marée 
  • 12 organisations de producteurs 
  • 608 entreprises de mareyage et de transformation 
  • 2.926 poissonneries 

Des métiers diversifiés et une zone de pêche étendue 

  • En France, quatre types de pêche sont pratiqués : 
  • ”La grande pêche” qui concerne les navires de plus de 1.000 TJB, et les navires de plus de 150 TJB dont les marées durent plus de 20 jours. 
  • “La pêche au large” qui concerne les navires dont les marées durent entre 4 et 20 jours. 
  • “La pêche côtière” pour les marées de 1 à 4 jours. 
  • “La petite pêche” pour les marées de moins de 24 heures. 

Les zones de pêche se situent vers les côtes françaises, aux abords de l’Écosse et de l’Irlande, entre l’Islande et le Groenland, au large de l’Espagne, du Golfe de Guinée jusqu’à l’Océan Indien (thon tropical) ou jusqu’à l’Antarctique (légine). 

Ventes et consommation 

En 2015, près de 208.310 t y ont été vendues tant par des navires français qu’étrangers, pour une valeur de 695 M€. Les principales halles à marée, en valeur, sont Le Guilvinec, Lorient, Boulogne-sur- Mer, Les Sables d’Olonne, Saint-Jean-de-Luz, Erquy et Oléron. 

En 2015, les ménages français ont dépensé 7 Mrds€ en produits de la mer, dont 33 % en frais, 33 % en produits traiteurs réfrigérés, 19 % en produits surgelés, 15 % en conserve. 

En 2014, pour la restauration, toutes catégories confondues, les dépenses s’élèvent à 1.069 M€ dont 559 M€ de produits frais, 399 M€ de produits surgelés, 63 M€ de produits traiteurs réfrigérés, 48 M€ de conserves.

2. L’aquaculture, un pilier de la croissance bleue 

La pisciculture marine : un développement attendu 

Selon la FAO, en 2014 la production piscicole mondiale s’établissait à 73,8 Mt (26,7 Mt de pisciculture marine et 47,1 Mt pour la pisciculture continentale) pour une valeur de 160,2 Mrds$, et devrait s’établir à 101 Mt en 2025, alors qu’elle ne représentait que 9 % de l’approvisionnement mondial de poissons en 1980. C’est un changement de paradigme radical qui s’explique par l’augmentation de la population et la part croissante du poisson dans les apports protéiques. 

Cependant, en France, et à l’inverse de ce mouvement, la production est tombée à 40.178 t (1,3 Mt en Norvège et 58,8 Mt en Chine). 

La pisciculture marine française représente aujourd’hui : 

  • 5.215 t de poissons 
  • 93 millions d’alevins vendus à plus de 90 % à l’export 
  • 15 ha de fermes piscicoles marines 
  • 23 t de caviar d’esturgeons, ce qui fait de la France le 2e mondial. 

De par l’étendue et la richesse de ses espaces maritimes, la France a pourtant tous les atouts pour développer une production diversifiée et de qualité. Pour cela la règlementation, notamment environnementale, doit encore évoluer et prendre en compte les enjeux de cette filière naissante pour soutenir son développement et offrir une parfaite visibilité aux professionnels qui doivent bénéficier d’une stabilité juridique afin d’investir. 

Des évolutions positives ces dernières années permettent de croire à un proche déblocage : sont attendues la mise en oeuvre des Schémas Régionaux de Développement de l'Aquaculture Marine (SRDAM) et la mise en place du Plan de Progrès pour la pisciculture continentale qui recense les Meilleurs Emplacements Aquacoles Possibles (MEAP). Les travaux liés à la planification des espaces maritimes et aux documents stratégiques de façade devront entériner ces documents réalisés en pleine concertation depuis 5 ans. 

L’enjeu pour la pisciculture française est en effet d’assurer non une production industrielle de masse mais une production qualitative (lancement du label ASC) qui s’intègre dans un littoral déjà contraint. Ainsi, plusieurs projets offrent des pistes pour développer la pisciculture marine : 

Fermes piscicoles au large. À l’exemple de l’Allemagne, des fermes piscicoles pourraient être crées dans des parcs d’éoliennes. Une autre solution serait de créer des plateformes dédiées au large ; des réflexions sont en cours avec des industriels. 

Aquaculture multitrophique intégrée. Des centres techniques et de recherche s’orientent avec des professionnels vers un modèle de fermes qui reproduisent un écosystème naturel pour apporter ainsi équilibre et qualité aux espèces élevées et cultivées. 

La récolte d’algues et l’algoculture : vers la structuration d’une filière 

En 2014, la production mondiale d’algues s’établissait à 27,3 Mt dont 95 % en provenance d’Asie. La France produit quant à elle 71.000 t dont 50 t issues de l’algoculture, pour une consommation annuelle de 180.000 t.

L’objectif était de produire 1.000 t pour 2016, mais en dépit de la demande croissante et d’espaces maritimes importants, l’algoculture se développe trop lentement, en raison notamment des difficultés d’implanter des fermes sur les côtes, tant pour des raisons d’image, de conflits d’usage que de règlementations encore inadaptées. Parmi les solutions envisagées : les parcs aquacoles au large et le développement de l’aquaculture multitrophique intégrée. 

Les micro-algues sont également en plein développement avec la plateforme Algosolis lancée en octobre 2015 par le GEPEA de l’Université de Nantes avec les Pôles de Compétitivité Mer Bretagne Atlantique et Valorial ainsi qu’Atlanpole, qui a pour ambition de développer la filière des microalgues en rassemblant académiques et industriels. 

3. Transformation et valorisations du poisson et des ressources marines 

Le poisson : du filet aux coproduits 

Au-delà de la pêche et de la pisciculture, le poisson fait vivre plus de 3.500 entreprises de vente et industries de transformation qui créent la part la plus importante de la valeur ajoutée à la filière, et auxquelles il faut ajouter celles qui interviennent dans les chaînes logistiques entre les lieux de production, de transformation et de consommation. 

Une autre valeur ajoutée de la filière se situe dans la valorisation des coproduits (peaux, arêtes, carcasses). En effet, outre les farines et huiles de poisson déjà connus, de nombreux composés sont désormais extraits (collagène, sulfates de chondroïtine, enzymes, dérivés de la chitine, etc.) pour entrer dans la composition par exemple de compléments alimentaires, de cosmétiques, ou encore de traitements. France Agrimer a estimé à 150.000t le gisement de cette biomasse qui pourrait s’accroître du fait de l’entrée en vigueur de l’obligation de débarquement. 

L’enjeu est donc désormais de renforcer les liens entre production et transformation dont les nouvelles voies de valorisation de l’ensemble du produit, une diversification pour nombre d’entreprises. 

Les trésors de l’algue 

Outre le marché alimentaire – l’algue, un « légume de mer » d’avenir – de nombreux programmes de R&D démontrent les formidables potentiels de valorisation à partir des trois grandes familles d’hydrocolloïdes qu’elles produisent (alginates, carraghénanes et agar-agar). Plusieurs marchés sont demandeurs : la cosmétique, mais aussi l’alimentation humaine et animale (gélifiants et épaississant), la nutraceutique (comme les compléments alimentaires), la santé (traceurs pour examens médicaux), et d’autres applications (bioplastiques, colorants, baguettes de soudure, textiles). Désormais, il faut passer de la R&D à l’industrialisation, mais pour cela il est indispensable d’assurer une production de masse encore inexistante. 

Les promesses des biotechnologies marines 

L’OCDE définit les biotechnologies comme « L’application des sciences et des techniques à des organismes vivants pour transformer les matériaux vivants ou non, dans le but de produire des connaissances, des biens ou des services. » Aux côtés des biotechnologies connues (blanches, vertes, rouges), les biotechnologies bleues désignent les biotechnologies dont les « ressources utilisées ou les cibles visées sont d’origine marines1 ». 

Le marché mondial des biotechnologies bleues est estimé à 2,8 MrdsUS$ (croissance de 10 - 12 %/ an). Ce chiffre, faible au regard de l’utilisation croissante des ressources marines, s’explique par la difficulté à mesurer la part des biotechnologies bleues dans les biotechnologies, parce que les ressources marines trouvent leurs applications dans des marchés qui ne sont pas « maritimes » en eux-mêmes. Nombre de marchés sont pourtant demandeurs en molécules d’intérêt issues de poissons, mollusques, crustacés, mais aussi algues et micro-organismes marins (taille inférieure à 2 mm). 

Aujourd’hui, on pressent leur potentiel économique qu’illustrent quelques réussites, mais l’enjeu est bien de faciliter les investissements nécessaires pour passer de la R&D à l’industrialisation, et de clarifier le cadre juridique. Des freins à lever pour le développement de la filière. 

1 Boyen, Jaouen et al. (2015), Les biotechnologies marines dans le Grand Ouest, Europôle Mer Ed., p.8


Organismes professionnels


  • Association des Directeurs et Responsables des Halles à Marée de France 
  • CCICôte d'Opale 
  • Comité National des Pêches Maritimes et des Elevages Marins (CNPMEM) 
  • Coopération Maritime 
  • CRPMEMBretagne 
  • France Pêche Durable et Responsable 
  • Orthongel 
  • Syndicat Français de l'Aquaculture Marine et Nouvelle 
  • Union des Armateurs à la Pêche de France 
  • Union des Ports de France

Armements


  • Compagnie maritime Chambon 
  • France Pélagique 
  • Navexpo 
  • Scapêche 
  • Union des Armateurs à la Pêche de France

Organisations de producteurs


  • Ferme Marine de Campomoro 
  • Orthongel


Pisciculture marine


  • Aquaponic Management Project (AMP) 
  • Ferme Marine de Campomoro 
  • Les poissons du Soleil 
  • Syndicat Français de l'Aquaculture Marine et Nouvelle

Algoculture


Aléor 

AquaponicManagement Project (AMP) 

Centre d’Étude et de Valorisation des Algues 

Pôle Mer Bretagne Atlantique


Services et bureaux d'études


  • Aléor 
  • AquaponicManagement Project (AMP) 
  • Armeris 
  • Blue Fish 
  • Centre d’Étude et de Valorisation des Algues 
  • Centre Européen de Formation Continue Maritime 
  • Cofrepeche 
  • Consult’Ocean 
  • Coopération Maritime 
  • DWSDyna Wing Sail 
  • Equalogy 
  • Euro engineering 
  • France Pêche Durable et Responsable 
  • Generali 
  • Odyssée Développement 
  • Sinay 
  • Thalocea Capital Partners 
  • Union des Armateurs à la Pêche de France 
  • Via Aqua

Transformation de produits de la mer


  • Aquaponic Management Project (AMP) 
  • Aquimer 
  • Ocean Fresh Water 
  • Port Boulogne Calais 
  • Slipper Limpet Processing (SLP)

Biotechnologies


  • Aléor 
  • AquaponicManagement Project (AMP) 
  • Aquimer 
  • Centre d’Étude et de Valorisation des Algues 
  • Compagnie Armoricaine de Navigation (CAN) - Groupe Roullier 
  • Ifremer 
  • Les poissons du Soleil 
  • Pôle Mer Bretagne Atlantique

Ports de pêche


  • Commune de Paimpol 
  • Port Boulogne Calais 
  • SEMLorient Keroman