Ressources marines

Onglets principaux

 

L’accès aux ressources marines est un enjeu économique et un défi technologique majeur. L’océan est un réservoir de richesses stratégiques, car essentielles tant aux industries qu’à notre mode de vie et de consommation. L’augmentation de 30 % de la demande en énergies primaires d’ici 2030 et les promesses attendues des ressources marines minérales et biologiques expliquent la course entre États pour la prospection dans les fonds marins de la Haute Mer et les nombreux conflits pour l’appropriation d’espaces maritimes. L’accès aux ressources de l’offshore profond et ultra profond suscitent de l’innovation et créent des marchés sur lesquels se positionnent de nombreuses entreprises françaises. 

En effet, la France compte des leaders mondiaux dans ce domaine, pour la prospection (en particulier sismique), pour la conception de plateformes, d’unités flottantes, d’équipements sous-marin et travaux marins, pour la robotique profonde, pour les services à l’offshore, pour la recherche, et des opérateurs - également affréteurs, et pour l'extraction des minerais. Les start-up, PME, ETI, développent elles aussi des solutions technologiques et des compétences essentielles à l’exploitation de toutes les ressources marines. Tous ensemble, ils constituent une véritable filière d’excellence de l’industrie offshore. 

La France a donc tous les moyens pour mettre en oeuvre une stratégie pour les grands fonds et l’exploitation durable des ressources marines, telle qu’adoptée lors du Conseil Ministériel de la mer d’octobre 2015. En octobre 2015, le Cluster Maritime Français et la DeepSea Mining Allianz allemande ont signé un accord de coopération scientifique et technologique, afin de faire émerger des projets communs.

Ressources minérales marines


Les progrès technologiques et scientifiques ont lancé la course à l’exploration des grands fonds marins pour en exploiter les ressources minérales, à savoir les nodules, les encroûtements et les sulfures. On y trouve comme éléments majeurs : baryum, cobalt, cuivre, fer, manganèse, nickel, plomb, silice, zinc, ainsi que des métaux précieux, des diamants et les fameuses terres rares (cérium, thulium). 

La présence de métaux-clés pour l’industrie (notamment l’aéronautique, l’automobile, les technologies à très forte valeur ajoutée…) est d’autant plus intéressante à l’heure où les réserves et gisements terrestres atteignent un niveau critique tandis que les technologies demandent de plus en plus de ces ressources. Les possibilités d'exploitation de ces ressources sont très inégales, car leur coût – accès, technologies d’exploitation, transformation, etc. – ne permet pas encore de créer un schéma économique rentable. 

Au total, 26 permis d’exploration minière ont été accordés par l’Autorité Internationale des Fonds Marins (AIFM), sur 6.000 km de dorsales océaniques, soit 7,5 % des dorsales océaniques. 16 permis concernent les nodules polymétalliques de la zone de Clarion-Clipperton, 5 permis concernent les sulfures hydrothermaux dans l’Océan Indien et le long de la dorsale médio-atlantique, et enfin 4 permis concernent les encroûtements cobaltifères dans le Pacifique Ouest. 

La France, quant à elle, a mené des explorations en 2010 dans sa ZEE à Wallis & Futuna, et attend les mesures réglementaires qui permettront la poursuite des campagnes océanographiques pour qualifier et quantifier les gisements, en vue à terme, si c’est économiquement viable, l’exploitation de ces ressources minières. Elle a par ailleurs obtenu pour les eaux internationales, deux permis d’exploration : un premier en 2001 et renouvelé en 2016 pour les nodules polymétalliques sur 75.000 km² dans la zone Clarion-Clipperton (dont le renouvellement est à l’étude) ; un second en août 2012 pour les sulfures polymétalliques sur la dorsale media-Atlantique. 

À tous les niveaux, la protection de l'environnement est une préoccupation majeure des acteurs professionnels français.

Granulats marins


Les sédiments meubles des fonds marins constituent également une ressource minérale : 

Les sables et graviers siliceux d'origine marine sont essentiellement utilisés pour la fabrication de bétons et les chantiers de travaux publics dans les seules zones littorales ou desservies par la voie d'eau qui sont déficitaires en granulats siliceux terrestres de qualités équivalentes. 

Les sables calcaires ou coquilliers d'origine marine sont quant à eux presque exclusivement utilisés en agriculture pour rééquilibrer le PH des sols (amendements calcaires bruts ou élaborés). 

En France, la part des granulats extraits en mer représente moins de 2 % du total des granulats extraits à l'échelle nationale mais doit être appréciée en prenant en compte le fait que les granulats sont des produits pondéreux qui ne peuvent économiquement pas voyager très loin par camions depuis leur lieu de production. C'est ainsi que les besoins en granulats de certaines villes littorales sont aujourd'hui satisfaits très significativement par les granulats marins tandis que la très grande majorité des départements français n'en utiliseront jamais une tonne. 

Dans d’autres pays européens, l'usage des granulats marins est nettement plus important (15 % en Grande-Bretagne). 

Des phénomènes tels que l’attrait des zones littorales, l'épuisement ou l'inaccessibilité de certains gisements de granulats terrestres ou les contraintes logistiques liées à l'approvisionnement des chantiers du Grand Paris devraient se traduire par un recours accru aux granulats marins. 

Des besoins qui devront concilier les autres usages de la mer et les enjeux environnementaux de la France et qui exigent un savoir-faire que peu d’acteurs possèdent.


Exploration


  • COMEX
  • Compagnie Armoricaine de Navigation (CAN) - Groupe Roullier 
  • Créocéan 
  • ERAMET
  • Ifremer 
  • SeaOrbiter sas 
  • SubSeaSTEM

Exploitation


  • Compagnie Armoricaine de Navigation (CAN) - Groupe Roullier 
  • ERAMET
  • Ocean Fresh Water 
  • UNPG- Union Nationale des Producteurs de Granulats 
  • Watertracks

Cheminées actives d’anhydrite dans le pacifique sud-ouest au large des îles Wallis et Futuna